Les curiosités en Science

 » Si la science ne s’intéresse pas -Loch-Ness-Monster-HEIKENWAELDER HUGO-Wikipédiaaux choses délirantes, elle risque fort de passer à côté de choses intéressantes. » Antoine Labeyrie.

Illustration : Loch Ness Monster, peinture de Heikenwaelder Hugo, 1999, Wikipédia.

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Chimérologie – crédulité.

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 » Créatures fantastiques « , Camille Renversade, éd. Plume de carotte, en partenariat avec Deyrolle, 2014.

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 » Dragons et chimères « , Camille Renversade, éd. Hoëbeke, 2008.

• Chimérologue, une curieuse profession dont Camille Renversade est le seul représentant. Il s’est fait l’explorateur de l’imaginaire, se tournant vers les seuls êtres qui restent encore à découvrir, les animaux fantastiques, et l’unique science qui leur soit consacrée : la cryptozoologie  Il ne s’agit pas de mythologie, mais d’une démarche d’exploration pour vérifier si derrière des légendes, des témoignages, il y a des animaux bien réels C’est un travail de scientifique qui s’intéresse au monstre du Loch Ness, aux dragons… sujets sulfureux pour lesquels certains ne veulent pas mettre en jeu leur réputation. C’est ainsi que le calamar géant n’a été confirmé que ces dernières années quand un spécimen s’est bien échoué Camille Renversade, inspiré par Jules Verne, les planches de Buffon, les cabinets de curiosités… et le Museum d’Histoire naturelle, parcourt le monde, recherche le fameux mokélé-mbembé, l’un des deniers sauriens d’Afrique à posséder des dents, l’hypothétique dragon africain… Illustrateur, croqueur de monstres, sculpteur « hybridermiste » de dodos et autres sirènes des îles Samoa… ( avec un taxidermiste du Museum d’Histoire naturelle), créateurs de cabinets de curiosités,  il a aussi créé un « club des chasseurs de l’étrange » et publié des ouvrages. Où s’arrête la science, où commence la fiction ?

 
D’après Sandrine Cabut, Le Monde science & médecine, 8 avril 2015.
 

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 »L’extension du domaine de la crédulité ». Gérald Bronner, professeur de sociologie à l’Université Paris-Diderot.

Grâce à la rapidité de la circulation des messages sur Internet, les théories du complot prolifèrent • Théorie du complot : interprétation des faits qui conteste la version officielle.

Le jour même des attentats de janvier 2015 à PARIS, on a pu lire sur les réseaux sociaux que ces horribles crimes n’ont certainement pas été commis par ceux que l’on a accusés, pour preuve : les rétroviseurs de la voiture que conduisaient les auteurs  de la tuerie avaient changé de couleur sur certaines photos… François Hollande était arrivé si vite sur les lieux que cela prouve qu’il savait ce qui allait se passer… Aucun de ces arguments n’est solide, mais grâce à cette intelligence en essaim qui caractérise le travail collaboratif sur Internet, ils deviennent rapidement nombreux et intimidants.

• Avant l’apparition d’Internet, seuls les évènements très importants ou médiatiques pouvaient fournir des mythes du complot : A-t-on marché sur la lune ? Qui a assassiné la président Kennedy ? Comment Marilyn Monroe est-elle morte ?

Grâce à la célérité de l’information sur la Toile, l’imaginaire peut à présent se saisir d’évènements plus modestes : la mort du PDG de Total, celle de l’ancien directeur de Sciences Po… On assiste donc à une extension du domaine de la crédulité, fascinante dans la mesure où elle coexiste avec un progrès constant de la connaissance scientifique et une hausse du niveau d’études, mais aussi inquiétante parce que toutes ces fables peuvent s’agréger pour former un méta-récit inspiré par la méfiance, voire la haine de certains groupes ou communautés, ce qui ne présage rien de bon pour le vivre ensemble.

D’après Pour la Science, n° 449, 2015.

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