Livret  »Le réchauffement climatique, ses causes et ses conséquences »

Haut Conseil pour le Climat  » Le but de la science est de prévoir et non, comme on l’a dit souvent, de comprendre », Pierre Lecomte de Nouy.

 Livret  » Le réchauffement climatique, ses causes et ses conséquences  ».

D’après COP 25 (Esther Duflo, prix Nobel d’économie 2019, James Peebles, prix Nobel de physique, Stanley Wittingham prix Nobel de chimie…), CNRS, IFREMER, IUEM, IRD, FAO, CEA, CNES, ESA, NASA, Météo France, Parc marin d’Iroise, Océanopolis, Fondation Jean Jaurès, Conspiracy Watch, Ifop, ONU, GIEC, Ministère de l’écologie et du développement durable, ONERC, Ministère de l’éducation nationale, Haut Conseil pour le Climat HCC, Pour la science, Ciel et Espace, Le Monde…

1 – Le changement climatique, ses conséquences.

2 – L’effet de serre, c’est quoi ?

3 – CO2 mais aussi CH4…

4 – Les satellites pour mesurer et comprendre le climat.

5 – L’histoire du réchauffement climatique.

6 – Réchauffement climatique, NON il n’y a pas de plan B.

7 – L’océan régulateur du climat.

8 – La fin du Gulf Stream.

9 – Le Dipôle de l’océan indien.

10 – El Niño.

11 – Les vents et la climatologie.

12 – La fonte des glaciers.

13 – Les sols : puits de carbone.

14 – Et le Soleil ?

15 – La biodiversité face au changement climatique.

16 – Fake news sur les causes naturelles du changement climatique.

17 – Savoir pour prédire.

18 – Agir.

19 – Chez nous.

20 – Programmes de l’école et du collège.

1 – Le changement climatique, ses conséquences.11-océan change IFREMER ca-chauffe_gallery_viewer_catcher

Elévation du niveau de la mer.

L’augmentation du niveau de la mer est due principalement à deux phénomènes, la dilatation thermique de l’eau et la fonte des glaciers continentaux. Ces phénomènes sont très lents.

Dilatation thermique de l’eau.

Au cours du siècle dernier, le niveau moyen des océans est monté d’une quinzaine de cm (à raison de 1,8 mm par an entre 1961 et 2003, selon les estimations du GIEC). Pendant la même période, la température moyenne de la Terre a augmenté de 0,6°C. Lorsque la température du premier kilomètre de la surface de la mer croît de 0,6°C, l’épaisseur augmente de 15,6 cm. Cette valeur correspond quasiment à celle observée aujourd’hui sur la planète.

Les conséquences de l’élévation du niveau de la mer seront nombreuses en zone côtière : érosion des dunes et des falaises, augmentation des inondations, fragilisation des écosystèmes tels que les récifs coralliens, retrait des populations vivant près du rivage…

Fonte des glaciers continentaux.

• Fonte de la banquise en Arctique : l’océan Arctique est désormais librement ouvert à la circulation dans sa périphérie, en été boréal, en raison de l’extension du pack (glace de mer), permettant notamment l’ouverture à la circulation maritime des passages du Nord-Est (au Nord de la Sibérie) et du Nord-Ouest (Nord du Canada).

Le glacier d’Helheim (Groenland) a perdu 7,5 km en longueur et 40 m en épaisseur, entre 2001 et 2005. Sa vitesse de descente vers la mer a augmenté de 8 à 11 km/an.

Le continent  Antarctique : il stocke 70% de l’eau douce de la planète sous forme de glace. Sa fonte serait une catastrophe pour l’alimentation humaine.

Les scientifiques estiment que si tous les glaciers continentaux fondaient, le niveau de la mer augmenterait de 80 m sur la Terre.

Déjà les scientifiques estiment que le niveau de la mer aura augmenté de 28 à 43cm en 2100.

Augmentation de la température moyenne à la surface de la Terre.

Impact sur le milieu marin : les espèces typiques des eaux plus chaudes progressent vers les hautes latitudes. Entre autres, les crustacés planctoniques d’eaux froides migrent vers le nord, induisant des modifications sur les populations de morues, friandes de ces crustacés.

Impact sur les systèmes biologiques terrestres : la biodiversité est affectée dans les cycles de vie, croissance, mortalité hivernale, âge de la reproduction… , les interactions entre espèces (parasitisme, symbiose, pollinisation…).

2 – L’effet de serre.                                                                                                                                                                                                                                                                       903a448f4a_50160396_methane-combustibles-fossiles

L’effet de serre est un phénomène naturel de la basse atmosphère qui retient une partie de l’énergie solaire reçue à la surface de la Terre.

Une perturbation anthropique (causée par l’homme).

Depuis le début de l’ère industrielle, l’homme émet dans l’atmosphère davantage de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4), de protoxyde d’azote (N2O), d’ozone (O3) et des composés artificiels, fréons et autres halogénures de carbone, thermiquement très absorbants.

Avec la combustion d’énergies fossiles (charbon, gaz, hydrocarbures liquides), la déforestation accélérée, la combustion des bois, l’homme rejette annuellement dans l’atmosphère environ 7,4 GT C (= milliards de tonnes de carbone) sous forme de CO2.

Les pays industrialisés produisent 10 à 20 fois plus de CO2 par habitant que les pays en voie de développement.

Evolution des températures.

Depuis 1860, début de l’ère industrielle, la température moyenne de la Terre connaît des fluctuations. Cependant, la tendance à l’augmentation est nette : environ 1°C depuis 150 ans.

Taux de CO2 et de CH4.

Le niveau actuel du dioxyde de carbone ou du méthane dans l’atmosphère est exceptionnellement élevé. Ce sont les plus hautes concentrations constatées, depuis 650 000 ans (analyses des glaces).

L’émission de gaz à effet de serre est liée à l’activité économique et à l’évolution démographique à l’échelle mondiale.

Le GIEC a établi 4 types de scénarios pour le 21ème siècle.

Scénario de type A1 : la croissance est très rapide et la population mondiale passe par un maximum au milieu de ce siècle puis décroît.

Scénario de type A2 : le monde est non « globalisé » avec des économies autosuffisantes à l’échelle régionale ou locale mais la croissance de la population mondiale est continue.

Scénario de type B1 : il est comparable à A1 mais l’accent est mis sur les solutions économiques, sociales et environnementales globales dans une perspective de développement durable.

Scénario de type B2 : il reprend la même perspective mais en donnant la priorité Illustration NASA aux solutions locales et non mondiales.

Tous ces scénarios correspondent à des émissions de gaz à effet de serre et d’aérosols tout à fait différents. Pour tous, notre environnement subira d’importants changements. l’augmentation de température sera de 1,4 à 5,8°C d’ici la fin du 21ème siècle.

3 – CO2, mais aussi CH4…

Le CO2 (dioxyde de carbone) représente près des 2/3 des émissions mondiales b86d9a8e24_34080_43512-rtemagicp-20121204-producteur-co2-modif-ide-txdam33821-cca558de gaz à effet de serre induites par les activités humaines. C’est pourquoi on mesure usuellement l’effet des autres gaz à effet de serre en équivalent CO2 (eq CO2).

7 gaz à effet de serre (GES) ont été ciblés par le protocole de Kyoto en 2013 : CO2 (dioxyde de carbone), CH4 (méthane), NO2 (protoxyde d’azote), HFC (hydrofurocarbures), PFC (hydrocarbures perfluorés), SF6 (hexafluorure de soufre), NF3 ( trifluorure d’azote).

Selon le 5ème rapport du GIEC, les émissions de GES induites par les activités humaines dans le monde se sont élevées à 49 Gt d’équivalent CO2 en 2010 (1 gigatonne = 1 milliard de tonnes).

Émissions par habitant des principaux pays émetteurs de GES en 2011 (t CO2 par habitant) : Etats-Unis 21 – Canada 20,9 – Brésil 5,7 – Mexique 5,9 – Argentine 9,1 – UE 9,1 – Allemagne 11,3 – France 7,5 – Italie 8,2 – Grèce 5,7 – Turquie 5,7 – Russie 16,6 – Inde 2 – Chine 7,8 – Corée du Sud 13,8 – Japon 10,2 – Indonésie 3,4 – Iran 9,5 – Arabie Saoudite 19,2 – Afrique du Sud 8,9 – Australie 25,2.

L’océan joue un rôle majeur dans la séquestration du carbone.

Les océans ont la capacité de séquestrer le dioxyde de carbone (CO2) : à la surface des océans, la photosynthèse réalisée par le phytoplancton transforme le CO2 atmosphérique en particules organiques dont une partie chute ensuite en profondeur. Ce mécanisme essentiel permet de séquestrer une partie du carbone océanique.

Une flotte de robots déployés dans des océans a révélé qu’entre 100 et 1 000 mètres de profondeur, des petits animaux consomment environ 35 % de ce flux de particules et que la même quantité est fragmentée en particules plus fines.

Le CH4, 30 fois plus réchauffant que le CO2.

Le méthane, moins médiatique que le CO2 est un puissant gaz à effet de serre.

Le méthane provient de 2 sources : le méthane dit fossile séquestré pendant des millions d’années dans des gisements d’hydrocarbures. Il peut suinter naturellement ou être émis par l’extraction et l’utilisation de combustibles fossiles, du gaz, du pétrole ou du charbon ; le méthane dit biologique libéré naturellement à partir de sources telles que les zones humides ou encore des sources anthropiques comme les décharges, les rizières ou l’élevage (les ruminants).

Une hausse inexpliquée du taux de méthane.

Depuis 1750, la quantité de méthane présente dans notre atmosphère a augmenté d’environ 150 %, en raison d’une association de facteurs : les ruminants, représentant environ 20 % des émissions et responsables de la moitié de la hausse depuis 2007 ; les carburants fossiles avec la production et l’extraction du charbon, du gaz naturel et du pétrole ; les zones humides pouvant libérer de plus en plus de méthane à l’avenir (l’élévation des températures fait dégeler le pergélisol arctique, la biomasse, gelée, se réchauffe et entre en décomposition sous l’action de bactéries, d’où une production de méthane par fermentation).

Pour contenir le réchauffement de la planète à 1,5 °C, il faudrait une réduction de 35 % des émissions de méthane entre 2010 et 2050. Pour compenser la hausse du méthane, il faudrait une baisse encore plus importante des autres gaz à effet de serre.

  Le CO2 reste tout de même le principal gaz responsable du réchauffement à cause des grandes quantités émises à l’échelle de la planète.

4 – Les satellites pour mesurer et comprendre le climat.       29664

Quand le climat devient une menace.

Convention des Nations Unies pour le changement climatique : « Limiter à 2°C l’augmentation de la température en 2050, réduire de 50 % les gaz à effet de serre liés aux activités humaines ».

Les satellites sont indispensables à notre compréhension des causes et des conséquences des bouleversements qui s’annoncent.

ATMOSPHERE – Quel est l’impact des aérosols (particules en suspension dans l’air) et des nuages dans le changement climatique ? Accentuent-ils le réchauffement ou contribuent-ils à refroidir l’atmosphère par effet parasol ?

EAU – L’eau est l’élément fondamental des développement,de la sécurité alimentaire, de l’ énergie  et de la santé. Le changement climatique met en péril les besoins essentiels en eau des populations. Tous les voyants sont au rouge : baisse de la pluviométrie de 10 à 30 %, intensification des catastrophes naturelles (inondations, sécheresses, maladies). Dans le cas des maladies transmises par des moustiques, la télédétection permet de recenser les points d’eau susceptibles d’abriter des larves, stade où il est encore possible d’agir préventivement (paludisme, dengue…). Un stress hydrique planétaire inédit pourrait être la première manifestation dramatique du changement climatique.

FORETS – Cartographier les forêts pour évaluer la quantité de carbone stockée et connaître son impact

GLACIERS –  200 000 glaciers et 2 calottes polaires représentent une grande partie des réserves d’eau douce, les glaces constituent un élément essentiel de la biosphère. Le rôle exact de la fonte des glaces dans l’augmentation du niveau des mers ? Recueillir des données sur place est difficile. La télédétection spatiale permet de le faire.

OCEANOGRAPHIE – La surface terrestre comporte 70 % d’eau. Les océans stockent de grandes quantités de chaleur, qu’ils redistribuent d’un bout à l’autre de la planète : l’eau, chauffée par le soleil sous les tropiques, est transférée par les courants vers les côtes tempérées où elle se refroidit en cédant sa chaleur à l’atmosphère. Devenue plus froide et donc plus dense, l’eau de surface des océans s’enfonce en grande profondeur pour redescendre vers les zones équatoriales. Ce circuit des eaux océaniques de surface circuit qui dure plus d’un millier d’années.

STRATOSPHERE Des ballons sont envoyés dans la stratosphère pour étudier le climat, comme mesurer la quantité de vapeur d’eau.

Satellites et ballons pour l’étude du climat.

Le GCOS (Global Climate Observing System) a identifié environ 50 variables climatiques essentielles, 26 sont étudiées depuis l’Espace par le CNES et ses partenaires (ESA, NASA…), en plus des mesures effectuées sur place. Le CNES, avec ses partenaires, a constitué des pôles de données scientifiques (pôle Atmosphère, pôle Surfaces continentales, pôle Océan, pôle Terre solide) utilisés par de nombreux chercheurs (2 000 scientifiques pour le pôle Atmosphère Icare du CNES). SWOT satellite CNES-NASA scrute les eaux du globe, des océans et eaux de surfaces continentales en mesurant les hauteurs d’eau et les dérives spatiotemporelles des fleuves, lacs, rivières, ruisseaux, et zones inondées. SMOS satellite ESA-CNES étudie l’humidité de surface des sols, le contenu en eau de la végétation, les températures de surface pour connaître la dynamique de la circulation océanique, la salinité des surfaces océaniques, les vagues, la quantité de plancton. SCAT satellite chinois étudie l’état de la mer (mission franco-chinoise Cfsat) avec le radar français Swin qui surveille les vagues et les vents. JASON satellite CNES mesure le niveau des océans, les températures de surface, la quantité de plancton grâce à la couleur de l’eau, la salinité. BIOMASS satellite CNES-ESA cartographie les forêts afin d’évaluer la quantité de carbone stockée. MERLIN satellite franco-allemand observe l’évolution du méthane, dans l’atmosphère, de jour comme de nuit, en suivant les sources et les puits de méthane. CALYPSO ensemble de petits satellites CNES – NASA sur une même orbite, chacun étudie un paramètre de l’atmosphère pour analyser les nuages et les aérosols. METOP-SG satellite ESA – CNES étudie plusieurs gaz atmosphériques. STRATEOL ballons CNES pressurisés et instrumentés, résistant aux vents, se faufilant dans l’oeil des cyclones pour les étudier de l’intérieur.

5 – L’histoire du réchauffement climatique.                           de110021

Les écarts de température augmentent.
Les mesures de températures montrent leur augmentation par rapport à la moyenne, entre 1900 et 2016, dans presque tous les pays du Globe.

Année après année, les « anomalies de température » sont mesurées dans différents pays (données des programmes GISS pilotés par la Nasa).

Leur valeur, en degrés Celsius, indique la différence, sur un an, entre les températures constatées et une moyenne. La résolution géographique est de 1 200 km. Ces températures sont celles relevées au niveau de la mer, à terre ou sur l’océan. La référence est celle des moyennes entre 1950 et 1980, comme dans d’autres présentations du GISS.

Cette période, 1950 à 1980, n’a rien de vraiment particulier et la comparaison aurait pu s’appuyer sur une autre.Mais c’est celle qui a été choisie par le GISS pour plusieurs raisons, que les chercheurs ont justifiées : cette période se caractérise par des températures relativement stables et situées dans la fourchette moyenne de l’Holocène (les 10.000 dernières années).

Elle est suffisamment proche pour être restée dans les souvenirs, et donc avoir un sens pour le public.

A quoi pourrait ressembler le bulletin météo en 2050 ?

En partenariat avec l’OMM, l’Organisation Météorologique Mondiale, une simulation a été réalisée à l’occasion de la COP 20, en 2014, et diffusée par Météo France :

« Il a été constaté que les mois d’avril, mai, juin et août 2050 ont été les plus chauds jamais enregistrés sur la planète. Il en est de même pour la température de l’océan. La Méditerranée est plus chaude en surface de 2°C que les moyennes de saison. La chaleur favorise l’élévation et génère des orages et de fortes précipitations menant à des crues.

Selon les experts réunis lors de la COP 20 en 2014 « La canicule risque de s’abattre un été sur quatre en France ».

Ce bulletin et ces prévisions réalisés en 2014, restaient une simulation, mais le scénario imaginé était tout à fait plausible.

Les études menées depuis n’ont guère changé les prédictions :

En juillet 2019, la France connaît sa 2ème canicule : record absolu à Paris le 25 juillet 2019 et record absolu dans la métropole fin juin 2019 avec 46 °C. Du jamais vu !

6 – Réchauffement climatique, NON il n’y a pas de plan B.                   cnrs_19870001_0009

A la COP 25, Conférence des Nations Unies sur le climat, à Madrid (Espagne) en décembre 2019, le secrétaire général de l’ONU a déclaré : «Le moment est grave… écoutons la science ».

15 lauréats des prix Nobel 2019 ont dit lors de leur participation à cette réunion, que la question brûlante du réchauffement climatique devait désormais être prise au sérieux :

« L ’espèce humaine a évolué et s’est développée sur Terre. Nous ne sommes pas faits pour survivre sur une autre planète. Penser que, lorsque les choses tourneront vraiment trop mal, nous pourrons nous réfugier ailleurs, est tout simplement irresponsable. Les étoiles sont tellement loin de nous que je pense que nous n’avons aucune chance sérieuse de nous échapper de notre Planète. Nous ferions bien mieux de consacrer notre temps et notre énergie à en prendre soin », a déclaré Didier Queloz ,prix Nobel de Physique 2019 pour avoir découvert avec Michel Mayor la toute première exoplanète.

«La gestion du réchauffement climatique nécessitera un changement de comportement, en particulier dans les pays richesqui sont de gros consommateurs de biens et d’énergie », a déclaré Esther Duflo, prix Nobel d’économie 2019.

Stanley Whittingham, inventeur des batteries lithium-ions, prix Nobel de chimie 2019, s’est réjoui de l’engagement de la jeunesse « Lors de de la guerre du Vietnam, ce sont les jeunes qui ont poussé les politiciens à arrêter leurs bêtises ».

James Peebles, autre lauréat du prix Nobel de physique pour ses travaux sur le Big Bang  « Ces jeunes qui marchent pour le climat, c’est une chose merveilleuse. J’adore leur enthousiasme, leur énergie et leur dévouement pour une cause qui en vaut la peine. »

À Madrid, les dirigeants du Monde engagés dans des négociations pour le climat à l’occasion de la COP 25 ont semblé peiner à s’accorder.

Réunis à Stockholm en 2019, en revanche, les derniers prix Nobel apparaissent tous sur la même longueur d’onde :

»Il faut protéger notre planète, la seule que nous ayons. Et pour cela, il faudra modifier nos comportements et faire preuve de pragmatisme ».

On ne migrera pas vers d’autres planètes.

« Les espoirs de migration humaine vers une autre planète ? Même en étant optimiste, le temps pour se rendre sur une exoplanète habitable proche se chiffrerait en centaines de millions de jours avec les moyens actuels. C’est complètement fou  Michel Mayor, prix Nobel de physique 2019. 

Y a-t-il de la vie ailleurs dans l’Univers ?

« On est sûr qu’il y a énormément de planètes rocheuses dans la Voie lactée, d’une masse similaire à la Terre, à une distance telle de leur étoile que la température permet à la chimie de la vie de se développer, on ne sait rien de plus.

« Personne n’est capable de donner une probabilité à la vie ailleurs. Certains scientifiques disent que si toutes les conditions sont réunies, la vie va émerger d’elle-même, une sorte d’émergence naturelle des lois de l’Univers. D’autres disent : non, non, c’est pas vrai, c’est beaucoup trop compliqué. On ne sait rien ! La seule manière de faire, c’est développer les techniques qui nous permettent de détecter la vie à distance. C’est à la prochaine génération de répondre à cette question !» Michel Mayor.

7 – L’océan régulateur du climat.                                                                                   05-Océan change IFREMER-une-armee-de-sentinelles_gallery_viewer_catcher

Depuis l’Antiquité, les hommes parcourent et observent la surface des océans, les vents et les courants, afin d’optimiser et de sécuriser leurs routes. Au XIXème siècle, cette préoccupation s’inscrivit dans une démarche scientifique avec l’apparition des premières grandes expéditions océanographiques.

Afin de mieux connaître les océans, leur dynamique, leur variabilité et leur rôle sur le climat, la communauté internationale a mis en place dès 1950 des réseaux d’observation océaniques et météorologiques de grande ampleur, mettant en commun des mesures in situ (navires, bouées, flotteurs) et des mesures spatiales.

Les informations recueillies alimentent des modèles prévisionnels océaniques et climatologiques.

La connaissance des vents, des courants, des fonds marins et de la vie océanique constitue l’océanographie.

Les océans sont observés, en temps quasi-réel et de manière continue, dans l’espace et dans le temps, par des satellites.

Ces satellites munis d’altimètres, mesurent la hauteur du niveau de la mer avec une grande précision. On peut ainsi mettre en évidence les creux et les bosses générés par la circulation océanique et voir l’océan en mouvement. Les satellites permettent également d’observer la couleur, la température de l’eau, les vents et les courants.

Les observations fournies par les satellites et les instruments en mer permettent d’accéder à une vision globale de l’océan et à ses relations en temps réel avec l’atmosphère et l’environnement terrestres, pour comprendre les interactions entre l’océan et le climat.

Le Soleil est le moteur du cycle hydrologique, son énergie active les transports de l’eau dans l’océan et l’atmosphère.

L’océan absorbe les radiations du soleil et les emmagasine sous forme de chaleur, constituant un immense réservoir thermique beaucoup plus important que celui de l’atmosphère.

L’océan se met en mouvement sous l’action des vents qui produisent des courants se propageant à sa surface.

Les courants océaniques d’eaux chaudes de surface des régions proches de l’équateur, se déplacent vers les régions polaires où elles plongent dans les profondeurs et reviennent lentement dans les régions tropicales. C’est un mécanisme semblable à un chauffage central.

Le renouvellement de l’eau dans l’atmosphère et les cours d’eau est très rapide, de une à quelques semaines.

En revanche, l’eau séjourne quelques dizaines d’années dans les lacs et plusieurs milliers d’années dans les océans, les glaciers et certaines nappes phréatiques.

8 – La fin du Gulf Stream ?                                                                                       Sélect Carte MONDE-GERMANUS1482 d'àpès PTOLEMEE

Vers une disparition du Gulf Stream d’ici 100 ans ?

Le courant de l’Atlantique Nord, le Gulf Stream, transporte de l’eau chaude du golfe du Mexique vers l’Europe, apportant un climat relativement doux à une grande partie du nord-ouest du continent européen.

Par l’effet conjoint de la fonte du Groenland et d’une augmentation des précipitations, le Gulf Stream pourrait s’affaiblir, voire s’inverser dans les prochaines années.

De plus, on sait depuis longtemps que ce courant est fortement sensible à la température de l’eau de surface et à sa salinité.

Baisse de 15% au cours des 50 derniers ans. A son plus faible niveau depuis 1 600 ans.

La probabilité d’un arrêt temporaire du  Gulf Stream dans les 100 prochaines années, due au changement climatique causé par les activités humaines, serait très élevée .

Cette prévision est d’autant plus probable que le Gulf Stream a déjà connu d’importantes variations au cours de l’histoire.

Il y a 13.000 ans par exemple, l’AMOC (Circulation océanique méridienne dans l’Atlantique) s’était affaiblie, aboutissant à chute des températures de 6 °C au Groenland.

Un autre ralentissement du Gulf Stream est en partie à l’origine du Petit Age Glaciaire (PAG) qu’à connu l’Europe entre entre 1450 et 1850.

Une question de salinité.

Le réchauffement global de notre planète entraîne une évaporation plus importante des eaux de surface dans la région intertropicale, générant un surplus important de vapeur d’eau dans l’atmosphère et des précipitations d’eau douce plus intenses aux plus hautes latitudes.

Ce phénomène serait responsable de cette modification de la salinité dans l’Atlantique nord depuis 10 ans, ce qui pourrait perturber la circulation des courants marins (circulation thermohaline).

Des eaux moins chargées en sel s’enfoncent plus difficilement vers les profondeurs marines. Cela se produit avec  le Gulf Stream au nord de l’Islande.

Ce courant plonge vers les fonds océaniques pour retourner vers les Tropiques puis, plus loin encore, vers l’océan Antarctique. Ce courant océanique profond est en quel- que sorte le courant « retour » du Gulf Stream de surface.

L’apport d’eau douce supplémentaire, suite à des précipitations plus intenses, l’empêcherait de plonger en Arctique vers les fonds océaniques et donc enrayerait la vaste machine climatique mondiale.

A terme le Gulf Stream serait bloqué en surface.

L’histoire climatique de notre planète montre que de tels phénomènes dus à un apport considérable d’eau douce dans les eaux de l’Atlantique nord (suite au déchargement massif des glaces de l’Inlandsis américain) ont déjà enrayé la mécanique du Gulf Stream.

Conséquences.

Les températures seraient plus chaudes de 2 à 3 °C au large des côtes nord-américaines et en Atlantique Nord, et plus froides au sud du Groenland.

On prédit aussi un renforcement des vents d’ouest et des tempêtes ainsi que des étés plus secs et plus chauds en Europe de l’Ouest.

Le refroidissement du Groenland serait ainsi plutôt positif, puisqu’il ralentirait la fonte des glaces.

L‘Europe, privée des effets, du Gulf Stream plongerait à son tour dans une nouvelle période froide.

Les hivers à Lisbonne deviendraient aussi rigoureux que ceux de New York.

9 – Le Dipôle de l’océan indien.                                                                                 574ed7e86f_50157160_rechauffement-climatique-secheresse

La sécheresse et les feux en Australie seraient liés au Dipôle de l’océan indien.

C’est un phénomène d’interaction entre l’océan et l’atmosphère, assez proche d’El Niño, qui cause inondations en Afrique de l’Est et sécheresse dans le nord australien, en automne.

Les premières études sur le Dipôle de l’océan indien datent de 1985.

Il n’a pas été facile à distinguer, car ces effets peuvent correspondre à la signature d’El Niño qui, lui, s’étale sur une année.

Les deux bassins, indien et pacifique, sont liés par une  »piscine d’eau chaude  »qui entoure le Continent maritime (de l’Indonésie à la Papouasie Nouvelle-Guinée) et le nord de l’Australie. Cette zone est très sensible aux variations de température de ces deux océans tropicaux.

Dans l’océan Indien, au niveau de l’équateur, les températures de surface sont en moyenne relativement plus chaudes à l’est, sur les côtes de Sumatra-Java, et plus froides du côté de l’Afrique, à l’ouest. Liés à cette différence de température, les vents équatoriaux ont tendance à souffler d’ouest en est, pendant le printemps et l’automne.

Pendant l’été boréal, les vents de mousson (du sud vers le nord) provoquent des remontées d’eau froide, qui refroidissent la partie est. Les températures ont tendance à être plus chaudes à l’ouest, et plus froide de l’autre côté du bassin.

Les conséquences.

Les eaux plus chaudes génèrent des précipitations et causent des inondations sur l’Afrique de l’est. Et les eaux plus froides engendrent la sécheresse dans le nord de l’Australie, en automne.

Le réchauffement climatique accentue-t-il le phénomène ?

Certaines études suggèrent qu’il pourrait avoir une incidence sur la fréquence du Dipôle, car le réchauffement observé est plus significatif à l’ouest qu’à l’est. Le système climatique régional serait déstabilisé.

Le cas de l’Australie.

L’effet du Dipôle ajouté à la sensibilité accrue au réchauffement climatique du centre désertique de l’île fait que les températures y augmentent plus qu’ailleurs.

Ses effets sur le climat en Australie sont prévisibles. Les scientifiques alertent. Les systèmes d’alarme y sont nombreux. Les décisions politiques y sont indispensables pour protéger le territoire et mettre en place des solutions qui peuvent empêcher la récurrence de des feux de forêt, conséquences des vagues de chaleur liées aux aléas climatiques.

Il n’est pas impossible qu‘il y ait dans l’avenir plus de sécheresse également dans le nord de l’Australie.

Mais le sud-est autour de Sydney et Melbourne brûle aussi…

La sécheresse de l’Australie n’est pas liée uniquement au Dipôle ou à El Niño. Au sud, entre l’Antarctique et le continent australien, un autre phénomène de variabilité atmosphérique est connu pour inhiber les précipitations dans la région sud-est.

10 – El Nino                                                                                                                Coraux atoll polynésien de FAKARAVA-T.VIGNAUD-Photothèque CNRS

Un phénomène océanique à grande échelle.

Il affecte le régime des vents, la température de la mer et les précipitations dans le Pacifique équatorial.

Le seul a avoir un impact planétaire aussi marqué, il a été découvert et étudié par les Anglais, lorsqu’ils ont colonisé l’Inde et qu’ils ont mis en place des premiers systèmes de prévisions, pour éviter les problèmes de famine liés à la mousson.                                                                                                                                   Atoll polynésien

Il correspond au réchauffement accentué des eaux de surface près des côtes de l’Amérique du Sud, lié à un cycle de variations de la pression atmosphérique entre l’est et l’ouest du Pacifique, couplé à un cycle du courant océanique le long de l’équateur.

Des vents réguliers, soufflant d’est en ouest, entraînent les eaux chaudes de surface vers l’ouest, provoquant une remontée des eaux profondes, froides, à l’est du Pacifique, le long des côtes du Pérou.

Les eaux chaudes provoquent une ascendance de l’air entraînant la formation de nuages et des précipitations, refluant de l’ouest vers l’est.

Les tempêtes tropicales et les ouragans apparaissent alors beaucoup plus à l’est qu’à l’habitude et viennent affecter la côte ouest de l’Amérique du Sud, le Pérou, le nord de l’Argentine, l’Uruguay, l’Afrique de l’Est équatoriale, les îles du centre du Pacifique tropical, le sud des États-Unis et la Polynésie française.

Les eaux froides provoquent une descendance de l’air entraînant son assèchement.

Des conditions sèches se développent alors sur l’Indonésie, l’Inde, l’Afrique australe, les Caraïbes, le nord-est du Brésil et l’Australie orientale, épargnant la Polynésie française.

De plus, le poisson déserte les eaux côtières d’Amérique du Sud, les eaux chaudes étant beaucoup plus pauvres en nutriments que les remontées d’eaux froides habituelles.

Des épisodes irréguliers.

Lévénement El Niño apparait d’une manière irrégulière, tous les 2 à 7 ans. Il débute en général en milieu d’année et dure de 6 à 18 mois. Certaines années, ses caractéristiques sont particulièrement marquées. On parle d’un événement La Niña.
Les variations de la température de surface de la mer, en particulier celle de l’océan Pacifique équatorial, constituent un bon indicateur de la survenue éventuelle du phénomène, avec une bonne précision.

El Niño et le climat mondial.

De par son ampleur (augmentation de température de 1°C ou plus des couches océaniques superficielles dans le rail équatorial pendant plusieurs mois) et l’étendue de la zone concernée (au niveau de l’équateur, le bassin pacifique tropical s’étend sur une zone large de plus de 10 000 km), El Niño affecte le climat mondial dans son ensemble. A l’échelle du globe, la température moyenne a tendance à être anormalement élevée pendant les années concernées par ces épisodes. Ce fut le cas en 1998, année qui a suivi un fort épisode El Niño.

El Niño et le changement climatique.

Il n’y a pas, actuellement, de consensus sur la question de l’impact du changement climatique sur ce phénomène. Les modèles actuels d’évolution du climat ne permettent pas de prévoir l’effet du changement climatique sur la survenue et l’intensité des épisodes El Niño.

11 – Les vents et la climatologie.                                                                                     17-Océan changr IFREMER Les-vagues-a-l-attaque-de-la-cote_gallery_viewer_catcher

D’où vient le vent ?

Du fait que notre planète est une sphère, certaines régions du globe reçoivent plus d’énergie solaire que d’autres. La région équatoriale, exposée à un rayonnement solaire plus vertical que les pôles, accumule ainsi plus d’énergie.

La répartition inégale de chaleur sur la Terre crée des courants    d’air, qui transportent l’énergie des zones en excédent vers les zones déficitaires. 

La télédétection mesure le vent depuis le sol, ou par avion. Le sodar émet des ondes sonores, jusqu’à 1000 m d’altitude. Le radar émet des ondes radio jusqu’à 10 000m ; le lidar émet des ondes lasers, multi-directionnel, et qui atteint la stratosphère.

Les grands courants atmosphériques tels que les alizés ou les vents régionaux comme la tramontane, sont expliqués et modélisés depuis longtemps. Ce n’est pas le cas des vents soufflant à plus haute altitude ou des vents verticaux, ces masses d’air qui s’élèvent et descendent selon qu’elles se réchauffent ou, au contraire, se refroidissent.

Grâce aux satellites, les climatologues et les météorologues scrutent le vent à toutes les altitudes et en tout point de la planète.

Mis en orbite en août 2018, à 320 kilomètres d’altitude, le satellite Aeolus de l’Agence spatiale européenne mesure les vents avec Aladin (Atmospheric Laser Doppler Instrument).

Il mesure le déplacement des particules et des molécules dans les différentes couches de l’atmosphère, et ce jusqu’à 30 km d’altitude ( la stratosphère est située entre 12 000  et 50 000 mètres d’altitude), mais aussi dans les zones tropicales où se forment les cyclones et tempêtes.

Interactions entre la circulation des vents et le système climatique.

Les données satellitaires et de télédétection permettent de mieux comprendre et mieux prévoir le rôle des vents dans un système climatique en plein dérèglement.

Modifications déjà observées.

Une tendance des différentes zones à remonter vers les pôles, un déplacement de la zone désertique du Sahel jusqu’au bassin méditerranéen, un réchauffement plus rapide aux pôles qu’à l’équateur.

Des canicules et des inondations plus fortes et plus intenses en zone tempérée. Des cyclones et des ouragans plus intenses, se décalant vers le nord et déviant de leur trajectoire habituelle, en raison de vents d’altitude de plus en plus froids, alors que le bas de l’atmosphère se réchauffe provoquant un choc plus violent entre ces masses d’air, à l’origine de ces phénomènes.

Comprendre les interactions nuages-vents.

La microphysique des nuages, les radars, les lidars et les observations in situ, à bord d’avions, permettent d’observer, de l’intérieur des nuages, les cisaillement du vent, leurs différences de vitesse ou de direction verticaux ou horizontaux, et les couches où le vent change.

Il est essentiel de pouvoir mesurer la vitesse verticale du vent avec précision, notamment parce que l’air qui monte peut contrer la chute de cristaux de glace. On peut ainsi faire la distinction entre des cristaux légers venant de se former et de gros cristaux très denses, qui ne pourront pas être bloqués par la montée de l’air chaud et donneront lieu à des averses de grêlons.

Mieux modéliser pour mieux prédire.

Mesurer le vent permet d’affiner les modèles météorologiques, pour décrire les systèmes nuageux les plus intenses comme les cumulonimbus.

Dans le cas des cyclones mesurer la quantité ce chaleur et d’humidité qui vont être extraites de l’océan permet de prévoir leur puissance…

12 – La fonte des glaciers.                                                                                       02-Océan change IFREMERdes-mouvements-oceaniques-tourmentes_gallery_viewer_catch

 Janvier 2020 a été le mois de janvier le plus chaud jamais enregistré sur la planète, juste devant 2016, selon le service européen Copernicus sur le changement climatique, ainsi que selon l’Agence atmosphérique et océanique américaine (Noaa).

La température moyenne à la surface du globe était de 1,14 °C plus élevée que la moyenne du XXème siècle, et la plus élevée depuis le début des relevés en 1880.

En Arctique les scénarios les plus pessimistes sont en marche.

De nombreuses données des satellites etdes missions sur le terrain ont permis de dessiner la carte la plus complète à l’heure actuelle des changements de masse de la calotte glaciaire du Groenland entre 1992 et 2018, une période au cours de laquelle le Groenland a perdu pas moins de 3.800 milliards de tonnes de glace.

Le rythme de fonte est passé de 330 milliards de tonnes/an dans les années 1990 à 2.540 milliards de tonnes pour la dernière décennie.

Les glaces du Groenland fondent un peu plus chaque année à mesure que le réchauffement climatique s’intensifie. L’Arctique perdu près de 267 milliards de tonnes de glace chaque année. Cette eau ruisselle dans les océans et augmente leur niveau d’environ 0,7 millimètre par an.

A l’été 2019 600 milliards de tonnes de glace ont fondu en deux mois faisant monter le niveau global des océans de 2,2 millimètres.

La rupture spectaculaire du glacier Helheim au Groenland.  Un iceberg se détache. Long de plus de 6 km, sa dérive vers l’océan n’est pas sans inquiéter. C’est plus du double de la perte moyenne annuelle de glace entre 2002 et 2019.

La fonte des glaciers s’accélère aussi en Antarctique.

De l’autre côté de la Terre, en Antarctique, la glace fond aussi inexorablement ; mais une zone à l’est du continent de glace semble grandir en raison de chutes de neige importantes.

En Antarctique il fait très froid. La moyenne annuelle de température est de -57 °C. Depuis le début du mois de février 2020, deux records sont tombés. Du côté de l’Antarctique argentin plus de 18°C,  ont été relevés, du côté de l’île Seymour (Brésil), les 20 °C ont été dépassés. Entre les deux, Pine Island Glacier avait encore perdu un iceberg géant, fondu.

C’est la troisième vague de chaleur en trois mois. Deux autres vagues de chaleur ont eu lieu sur le continent en nov. 2019 et janv. 2020.

Une grande partie de la calotte glaciaire a fondu dans la mer et des bassins de fonte se sont formés au centre de l’île. En quelques jours,  Eagle Island, le point le plus proche de l’Amérique du Sud, a perdu 10,6 centimètres de couverture neigeuse.

Il est exceptionnel d’observer de tels événements de fonte des glaces en Antarctique.

Et si les experts s’accordent à dire qu’un seul événement de ce type ne peut pas être considéré comme important, sa répétition l’est plus.

Les glaciers tropicaux.

Les plus petits glaciers du monde ne représentent pas plus de 5 % des glaciers du monde. Ils couvrent environ 2 800 km².

La quasi totalité d’entre eux se situe dans les Andes.

Leur température a atteint le seuil de fusion. Leur petite taille les rend plus vulnérables au réchauffement climatique. Depuis 20 ans, ils connaissent un recul inquiétant avec une probable disparition dès la prochaine décennie.

13 – Les sols : puits de carbone.                                                                                 sélect.BOIS (HP)

En 2015 lors de la Journée mondiale des sols, organisée par la FAO, Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’agriculture, les participants ont conclu :

« Les sols sont vulnérables et affectés par le changement climatique, avec des conséquences multiples ».

Les sols sont riches en carbone.

Ils atténuent le changement climatique en stockant du carbone : le CO2 de l’atmosphère est transformé par la photosynthèse des plantes en matières organiques qui restent ensuite piégées dans les sols.

Le rôle des matières organiques dans les sols.

Le carbone du sol est sous forme de molécules organiques dont la moitié est du carbone. La matière organique fraîche qui arrive au sol (résidus de végétaux naturels, de culture, animaux et microorganismes…) est fragmentée, puis progressivement décomposée par les organismes vivants du sol constituant la matière organique.

Les matières organiques aident les sols à s’adapter au changement climatique, en y améliorant l’infiltration et la rétention de l’eau.

Mais l’augmentation de la température accélère la décomposition des matières organiques du sol.

En Europe, le changement climatique se traduira par des étés plus secs et par des évènements extrêmes entrainant érosion, inondations, dessication et baisse de la fertilité des sols.

En se réchauffant, les sols gelés du Grand Nord et les sols des tourbières, très riches en matières organiques, risquent d’émettre de grandes quantités de gaz à effet de serre (CH4 et CO2).

Les sols émettent des gaz à effet de serre.

Les organismes du sol consomment les débris végétaux, respirent et émettent du CO2. D’autres gaz à effet de serre (GES), méthane (CH4) et protoxyde d’azote (N2O), peuvent être émis par les sols selon leurs conditions d’humidité et de fertilisation.

La végétation et les sols sont capables de « pomper » le CO2 en trop dans l’atmosphère.

Les usages des sols et les pratiques agricoles qui augmentent le taux de carbone et celui de la matière organique des sols sont bénéfiques à la fois pour éviter l’érosion, la désertification, pour atténuer les changements climatiques et pour améliorer la fertilité des sols et la biodiversité.

Oui, le stockage de carbone dans les sols est possible, de bonnes pratiques d’usage des sols le permettent.

Augmenter la teneur en matière organique des sols est une stratégie gagnante. Aussi faut-il veiller à un urbanisme respectueux des sols et plus économe en surfaces artificialisées.

Les sols sont améliorables.

Il n’y a pas de solution unique.

Il est nécessaire d’adapter différentes techniques selon les conditions environnementales, sociales et culturelles.

Développer les recherches pour évaluer et comprendre l’effet des pratiques et usages des sols sur leurs stocksde carbone, en fonction des types de sols.

Développer des méthodes de mesure innovantes. Etudier l’adoption des meilleures pratiques. Concevoir les politiques publiques qui facilitent cette adoption.

Stocker du carbone dans les sols est possible en agriculture au Nord comme au Sud, comme valoriser le rôle des sols en matière de séquestration du carbone et de lutte contre le changement climatique.

14 – Et le Soleil ?                                                                                                                           sonde-osiris-rex-sur-bennu-pr-la-recherche-n468-oct2016

Un cycle de 11 ans encore mystérieux.

Tous les 11 ans des tâches apparaissent, lieux d’intenses éruptions.

Le nombre de tâches est bien connu depuis Galilée, avec l’invention de la lunette astronomique qui a favorisé leurs détections et observations. Pour les périodes antérieures on étudie les éléments chimiques emprisonnés dans les glaces ou les cernes des arbres qui dépendent de l’intensité solaire. Actuellement les études se font grâce aux satellites.

Le moteur de son activité est son champ magnétique dû aux mouvements de matière à l’intérieur qui s’inverse à chaque cycle.

Cette matière est sous forme de plasma, gaz de particules chargées. En se déplaçant le plasma engendre des courants électriques qui à leur tour engendrent un champ magnétique. La chaleur produite à l’intérieur se déplace vers la surface.

Les causes de l’inversion du champ sont inconnues. Rotation sur lui-même ?

L’imprécision des périodes d’activités serait due à la nature turbulente et chaotique des écoulements du plasma à l’intérieur.

Pronostic : un cycle faible commençant début 2020.

Un coupable pas idéal.

En un siècle et demi, la température terrestre a augmenté de 1°C.

Le soleil n’est pas le seul à provoquer des variations thermiques terrestres. Certains refroidissements terrestres sont dus à des éruptions volcaniques, les particules rejetées très haut dans l’atmosphère faisant écran aux rayons solaires et rafraîchissant l’atmosphère terrestre. (Epoque romaine, Moyen-âge, 17 ème siècle).

Quand sont arrivées les 3 années record de température sur terre en 2014, le soleil était sur son déclin.

L‘activité solaire baisse légèrement. Mais cela ne fera pas diminuer la température due aux gaz à l’effet de serre.

Un mécanisme liant activité solaire et climat ?

Les effets des rayons cosmiques, particules de haute énergie circulant dans l’Univers, possédant la capacité de condenser l’humidité sous forme de nuages, avec des effets sur l’atmosphère ? Plus le Soleil est actif, plus il écarte ces rayons cosmiques de la Terre.

Ce mécanisme dû aux rayons cosmiques a été reconstitué au CERN avec un résultat montrant un impact pas assez important pour influencer le climat global. Donc le cycle solaire a des effets insuffisants pour influencer le climat terrestre global.

Et pour des périodicités plus longues ? Au cours du dernier million d’années, la terre a connu une dizaine d’ères glaciaires, dues au fait que la distance qui varie entre les 2 astres modifie l’énergie reçue.

Mais actuellement ces paramètres orbitaux sont plus faibles et donc ne peuvent expliquer le dérèglement thermique actuel.

Lancement de la sonde Solar Orbiter de l’ESA.

Février 2020 : lancement de la sonde pour résoudre des énigmes, concernant le vent magnétique, source du champ magnétique et ses variations au cours du cycle d’activité, ses éruptions pour mieux prévoir les effets perturbateurs sur Terre et sur nos satellites…

La physique solaire ne sait toujours pas répondre à plusieurs questions posées depuis 80 ans. Pourquoi la couronne du Soleil, c’est-à-dire l’atmosphère de notre étoile, est infiniment plus chaude (environ 1 million de degrés C que la surface du Soleil (5500° C) ? Comment le vent solaire est-il accéléré dans la couronne solaire à des vitesses supersoniques de 800 km/s ? Quel mécanisme déclenche les éruptions solaires, qui peuvent avoir des conséquences sur les télécommunications en particulier ? Comment fonctionne précisément la dynamo solaire, qui génère le champ magnétique du Soleil dont la direction s’inverse tous les 11 ans ?…

Illustration sonde Osiris.

15 – La biodiversité face au changement climatique.                          Sélect Catalog ESP.SC. Ts VIV Ts DIFF

La diversité du vivant est d’une extrême richesse.

Indispensable aux humains elle leur apporte des services essentiels, ressources, services, innovations chimiques et thérapeutiques.

Une 6ème grande crise d’extinction.

Nous vivons aujourd’hui une crise de la biodiversité, causée par le changement climatique et les activités humaines, conduisant à une érosion importante de la diversité animale, végétale et microbienne.

La conférence internationale Biodiversité : science et gouvernance, en 2005, à l’Unesco à Paris, mentionne : « La Terre abrite une extraordinaire diversité biologique. (…). Cette biodiversité, qui est le produit de plus de 3 milliards d’années d’évolution, constitue un patrimoine naturel et une ressource vitale dont l’humanité dépend. »

La Terre a subi des crises de grandes extinctions dues au fonctionnement interne de la planète (volcanisme, réorganisation des continents) ou à des crises environnementales (changements climatiques comme par exemple les glaciations).

Mais l’évolution de la biodiversité n’est pas toujours catastrophique. Il peut s’agir de diversification ou d’expansion des espèces, comme ce fut le cas au Cambrien (540 millions d’années) ou à l’Eocène (40 mil-lions d’années).

Au Crétacé, période charnière de maximum climatique chaud, le développement de phytoplancton carbonaté (coccolithophoridés) a conduit à la formation de craie, par l’accumulation de coquilles.

A la même époque, s’opérait la diversification des plantes à fleurs et le début de l’extinction des dinosaures non aviens, et des reptiles volants et marins.

Les activités agricoles et la biodiversité.

Les pratiques agricoles changent : structure du paysage (présence de haies, bois, prairie) ; conduite des cultures (fertilisation, travail du sol). La répartition de la biodiversité dans l’espace se modifie.

Le milieu désertique et la biodiversité.

L’avancée des déserts conduit à l’appauvrissement des sols et à une diminution importante de la biodiversité végétale, animale et microbienne ; à une paupérisation du milieu rural et à des changements culturels. Il a un fort impact sur santé et provoque d’importants flux migratoires.

Revégétalisation des sols avec, entre autres, le projet africain de Grande Muraille Verte (GMV), ceinture de végétation, large de 15 km, reliant Dakar à Djibouti, sur une longueur d’environ 7 000 km. Une lutte contre la désertification et la chute de la biodiversité.

La déforestation et la biodiversité.

La déforestation due aux incendies accidentels ou criminels, la pratique de la culture sur brûlis, le défrichement des terres au profit de l’agriculture et l’exploitation industrielle du bois menace la biodiversité.

En raison de la déforestation, de nombreuses espèces animales et végétales vont subir une disparition à grande échelle et à court terme.

Le milieu marin et la biodiversité.

Les récifs coralliens sont les écosystèmes les plus diversifiés de la planète. Ils contiennent tous les phylums (séries évolutives de formes animales ou végétales dérivant d’un même ancêtre).

C’est une ressource alimentaire pour beaucoup de populations insulaires et un rempart contre les vagues de l’océan.

Sensibles au changement climatique 20 % des récifs du monde ont disparu. Les prévisions sont alarmantes, 26 % de plus détruits en 2050.

La montagne et la biodiversité.

La haute montagne représente des conditions extrêmes, froid, manque d’oxygène, fortes intensités lumineuses,vent.

Le réchauffement climatique entraîne une remontée des espèces et menace celles des hautes altitudes car elles ne peuvent pas se réfugier plus haut. Leur préservation dans les réserves naturelles et parcs est nécessaire.

D’où l’importance des Agences, Réserves, Parcs nationaux et régionaux dans tous les milieux.

Illustration Espace des Sciences.

16 – Fake news sur les causes naturelles du changement climatique.FONDATION_JEANJAURES_LOGO

Le climato-scepticisme et le complotisme climatique.

Etude de la Fondation Jean Jaurès – IFOP – Conspiracy Watch.

« Le réchauffement climatique n’existe pas, c’est une thèse qui profite à des politiques et des scientifiques » : cette théorie du complot, au sens fort du terme, concerne 4% de l’échantillon étudié par la Fondation Jean Jaurès. Les plus jeunes y sont moins perméables que leurs aînés (1% chez les 18-24 ans contre 5% chez les plus de 50 ans). Les seniors, les électeurs de l’extrême droite (11%) et les complotistes « endurcis » sont les plus septiques sur l’origine anthropique du réchauffement climatique.

Article de la NASA sur son blog.

« La NASA admet que le réchauffement climatique est dû à un changement d’orbite terrestre et non pas aux émissions de CO2. La NASA sait depuis plus de 60 ans que les changements qui se produisent dans les modèles météorologiques planétaires sont entièrement naturels et normaux ». Cette fausse information prolifère sur les réseaux sociaux.

Alors que sur son blog, la Nasa explique : « le réchauffement que l’on a constaté au cours des dernières décennies est trop rapide pour être lié aux changements de l’orbite terrestre, et trop important pour être causé par l’activité solaire. »

L’Appel de Heidelberg de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement en 1992 (4.000 scientifiques, dont 72 prix Nobel).

« Nous dénonçons l’émergence d’une idéologie irrationnelle s’opposant au progrès scientifique et industriel et nuisant au développement scientifique et social… Les plus grands maux qui accablent notre Terre sont l’ignorance et l’oppression, et non la science, la technologie et l’industrie, qui permettront de surmonter les problèmes majeurs tels que la surpopulation, la famine et les maladies ».

Collectif de 250 scientifiques dont des prix Nobel.

Tribune en écho à l’appel de Heidelberg « Y en a marre !!! ».« L‘état de nos connaissances ne saurait être un supermarché dans lequel on pourrait ne choisir que ce qui nous convient et laisser en rayon ce qui contredit nos opinions ; aussi scientifiques, journalistes et citoyen·ne·s pré- occu-pé·e·s, lançons un cri d’alerte sur le traitement de l’information scientifique dans les médias… «Nous assistons à un dévoiement grandissant du travail des scientifiques. Leurs résultats ne sont bien souvent mis en avant que s’ils confortent des opinions préexistantes. Dans le cas contraire, certain·e·s iront sous-entendre leur rémunération par un lobby malveillant.»

Le changement climatique est réel et d’origine principalement humaine.

17 – Savoir pour prédire.

Création de l’ICE, Infrastucture pour les sciences du climat et de l’environnement

Le 19 novembre 2019, sur un site du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a été inaugurée l’Infrastructure pour les sciences du climat et de l’environnement (ICE).

Elle rassemble des chercheurs en géosciences du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE, unité mixte de recherche du CEA, du CNRS et de l’Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines ) avec la mission de :

· déterminer le passé du climat à partir des archives de la Terre,

· modéliser son fonctionnement dans le but de prédire le futur du réchauffement climatique, en s’aidant des leçons tirées du passé.                                                                                                                                  Sélect Carte MONDE-GERMANUS1482 d'àpès PTOLEMEE

Les archives climatiques de la Terre.

Le passé de la Terre, la composition de l’atmosphère, l’ensoleillement, la place des continents et les chaînes de montagnes, les courants océaniques et même ceux dans l’atmosphère, ont eu des effets importants sur le climat.

On ne sait pas très bien à quel point, il y a environ 8 200 ans, la vidange dans l’Atlantique nord d’un lac proglaciaire, d’eau douce, Agassiz,  a été responsable de l’évènement climatique avec un chute brutale des températures qui s’est produit à ce moment-là, en affectant la circulation du Gulf Stream.

On aimerait bien comprendre aussi ce qui s’est passé il y a environ 56 millions d’années, lorsque les températures mondiales auraient alors augmenté d’environ 5° à 8 °C, en seulement 20.000 ans, à l’occasion de ce qui est appelé le maximum thermique du Paléocène-Eocène (Paleocene-Eocene Thermal Maximum, ou PETM).Ce phénomène n’est pas sans faire penser au réchauffement climatique d’origine humaine, car on sait qu’il y a eu  à cette époque une augmentation de la présence de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, en l’occurrence du gaz carbonique, mais peut-être aussi du méthane.

Faire l’état des lieux.

Lorsqu’il s’agit d’étudier le climat terrestre, on considère qu’il s’agit d’un domaine de l’astrophysique puisque l’on est en présence d’un astre. La singularité de la Terre est qu’elle possède des océans et une biosphère.

Grâce à des données collectées sur Terre et depuis l’Espace, la NASA a compilé l’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone et sa distrib tion mondiale pendant quinze ans. À la fin des mesures en 2015, le maximum atteignait 402 ppm ; aujourd’hui, nous en sommes à 418 ppm.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère a augmenté de 4 % en 15 ans.

En 2019, les émissions mondiales de CO2 ont encore augmenté.

La dernière estimation pour2020 est de +0,6 %, une bonne nouvelle si l’on considère qu’en 2018 la hausse avait dépassé les plus de 2,0 %. Pour un réchauffement limité à +1,5 °C, nous devrions réduire nos émissions de gaz à effet de serre de pas moins de 7,6 % par an entre 2020 et 2030.

A étudier.

Le comportement des forêts et des océans face au réchauffement et à l’afflux de carbone.

Les nuages, protection solaire réfléchissant la lumière du Soleil et aidant ainsi à maintenir une température plus fraîche sur la Terre. Mais cette capacité s’affaiblit avec le réchauffement climatique, car les nuages bas sont plus fins et les nuages d’altitude migrent plus haut, limitant la capacité à rayonner de la chaleur vers l’Espace.

Les énergies fossiles dont la plupart des pays envisagent d’augmenter massivement la production dans les années à venir, alors qu’il faut réduire les exportations ou supprimer les subventions, progressivement afin d’éviter les chocs économiques pour les populations impliquées.

18 – Agir.                                                                                                                                  

Concept of human intelligence with human brain on white digital background

Concept of human intelligence with human brain on white digital background

La consommation énergétique mondiale ne doit pas dépasser 55 milliards de tonnes d’équivalent carbone d’ici 2020.

Mesures à prendre.

Réduire les émissions de 3 milliards de tonnes par an d’ici 2020

Pomper le CO2 atmosphérique. Les climatologues suggèrent de recourir à des méthodes d’élimination ou de séquestration du CO2.

Reboiser les forêts endommagées et épuisées. Les arbres piègent naturellement le CO2. Mais ils mettent aussi longtemps à pousser et leur croissance est soumise aux risques de feux de forêts ou de sécheresse.

Séquestrer le CO2 dans les sols lorsque les plantes qui l’ont absorbé se décomposent (minéralisation du CO2 ). Plus simple à mettre en œuvre, mais la saturation menace à une échelle de temps très réduite, de 10 à 100 ans seulement.

Capture directe. Les prairies, terres agricoles et zones humides pour-raient piéger jusqu’à 21 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre.

Fertilisation des océans etc…

Mais un lot d’inconvénients : coût, dommages collatéraux…

La géo-ingénierie techniquement envisageable, mise en œuvre à l’échelle de la planète : injecter des sulfates dans la stratosphère pour réduire le forçage radiatif anthropique, avec des avions capables de monter à 20 km d’altitude. La flotte de ces avions devrait assurer 4.000 missions dès la première année et jusqu’à 60.000 la quinzième année du programme. Mais cela aurait des conséquences, notamment sur la couche d’ozone.

Agir vite sinon les mesures à prendre deviendront trop chères.

Il faudrait que le nucléaire perdure comme option d’atténuation.

Adopter rapidement des stratégies de technologiques de pointe, comme les véhicules électriques.

Des technologies à haut rendement énergétique, pour les appareils électriques, les bâtiments et le transport.

Fermer rapidement les centrales électriques au charbon et les remplacer par d’autres sources d’énergie.  Arrêter une centrale à charbon par semaine pendant dix ans pour atteindre l’objectif des 2 °C .

Réduire la demande énergétique procurerait beaucoup plus de souplesse dans le choix des méthodes et des technologies à employer sur le long terme, pour atténuer le changement climatique de cette décennie.

Plus les émissions seront réduites rapidement, plus nombreuses seront les options envisageables sur le long terme et moins cela coûtera cher.

ITER un projet d’avenir.

Un enjeu scientifique et énergétique majeur.

Une coopération internationale : 35 pays dont l’Union européenne, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud…

En Provence, à Saint-Paul-lez-Durance, 2 100 personnes fabriquent la machine qui démontrera la faisabilité de production de l’énergie de fusion.

L’enjeu d’ITER (Reacteur Thermonucléaire Experimental International), programme le plus complexe jamais réalisé, est de démontrer notre capacité à réaliser la fusion des noyaux d’hydrogène, libérant une grande quantité d’énergie, identique à celle produite par le Soleil, comme par les étoiles.

Energie propre, utilisant comme combustible 2 formes d’hydrogène, le deutérium présent dans l’eau et le tritium dérivé du lithium, abondantes dans la nature ou faciles à fabriquer et pas chères.

Objectif : produire un premier plasma en 2025, 1ères expériences scientifiques en 2 028,… engagement de la machine en peine puissance en 2 035.

Cette énergie produira dans les centrales qui lui succéderont de l’électricité propre et pas chère en grande quantité peandant des millons d’années.

19 – Chez nous.                                                                                                                               Sélect Site géologique CROZON

Une crise climatique.

Les limites que l’humanité doit s’astreindre à respecter, si elle ne veut pas compromettre les conditions favorables dans lesquelles elle a pu se développer, définies par des scientifiques en 2009, reprises par l’ONU et la Commission européenne pour l’environnement, concernent :

l’acidification des océans, l’érosion de la biodiversité, le réchauffement climatique, les changements d‘utilisation de l’eau,les changements d’utilisation des sols, l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique, l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère,l‘introduction d’entités nouvelles dans la biosphère, la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore.

A l’échelle mondiale, les limites de certaines sont dépassées. Le réchauffement climatique est avéré, le taux d’extinction d’espèces est plus de 10 fois supérieur au seuil fixé par les scientifiques, les surfaces forestières sont insuffisantes pour la régulation du climat…

La France, mauvaise élève « Si le monde entier vivait comme les français, il aurait consommé l’équivalent des capacités de régération des ressources biologiques de 2,9 Terre » . Rapport sur l’état de l’environnement, Ministère de la Transition écologique et solidaire.

« La France n’est pas toujours à la hauteur des enjeux climatiques. La réduction des émissions des gaz à effet de serre est insuffisante. Il faut agir dans la rénovation énergétique des bâtiments, la décarbona-tion des transports et l’évolution de l’agriculture et de l’alimentation ».  Rapport du Haut Conseil pour le Climat (HCC), 2020.

Entre Terre et Mer.

Les plages ont un rôle d’interface entre la Terre et l’océan. La moitié des plages dans le monde sont menacées de disparition en 2100. Les plages de sable occupent plus d’un tiers des littoraux au niveau mondial et se situent souvent dans des régions très peuplées. Elles sont menacées par l’érosion due à des constructions nouvelles, la hausse du niveau des mers et les tempêtes menaçant des infrastructures et des vies. Les plages de sable sont le premier mécanisme de protection contre les tempêtes et les inondations.

Evolution des plages bretonnes depuis 60 ans.

Une étude sur le littoral breton et l’évolution de l’érosion côtière depuis 60 ans, pour une meilleure gestion des côtes bretonnes, prenant en compte le dérèglement climatique, l’élévation du niveau de la mer et le renforce- ment des tempêtes, est suivie par l’IUEM de Plouzané.

Le Parc naturel régional d’Armorique. Le territoire : le Finistère  avec ses paysages de landes, ses crêtes rocheuses et ses bocages. Une large façade maritime, de hautes falaises et des îles. Ses missions : la protection du patrimoine naturel, culturel et paysager, l’aménagement du territoire, le développement culturel et social, l’expérimen- tation et l’innovation, l’éducation (Musées, Maisons, Moulins, Conservatoire…).

Le Parc marin d’Iroise. Ses missions : étudier cette mer, comprendre sa capacité à se régénérer et connaître ses limites. Connaître, transmettre et alerter. Des partenariats : avec les comités des pêches, les associations de protec– tion de l’environnement et les centres de recherche scientifique. Des études : cartographier les habitats des espèces marines ; leur résistance au climat ; les grottes marines, habitats à la fois marins et terrestres ; les her- biers des prairies marines, pontes d’espèces qui freinent l’érosion des fonds sableux et donc ralentissent l’érosion du littoral…

L’Agence bretonne de la biodiversité

Nouveau : une Agence bretonne de la biodiversité chargée de la préservation de la richesse de sa faune, sa flore et ses paysages, en apportant son appui aux actions menées partout en Bretagne.

Le programme Breizh Bocage

Objectif : maintenir et restaurer le bocage pour préserver la ressource en eau, par la plantation de haies et talus, dans le bassin versant de l’Aulne.

20 – Programme de l’école et du collège.                                                                    logo-minister En

Pour un enforcement des enseignements relatifs au changement climatique, la biodiversité et le développement durable dans les programmes de l’école et du collège.

Publication du Conseil supérieur des programmes.

Le CSP a publié fin 2019 une note d’orientations et de propositions pour le renforcement des enseignements relatifs au changement climatique, à la biodiversité et au développement durable (cycles 1, 2, 3, 4).

Afin de permettre à tous les élèves d’appréhender de manière éclairée et au plus tôt les questions climatiques et environnementales et d’en saisir les enjeux, le Ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a souhaité proposer des enseignements plus explicites, plus précis et plus complets sur ces questions. C’est en ce sens qu’il a saisi le Conseil supérieur des programmes (CSP) le 20 juin 2019 en lui demandant :

« d’identifier et de renforcer les éléments ayant trait au changement climatique, au développement durable et à la biodiversité dans les programmes d’enseignement de l’école et du collège ».

En amont de la conception et de la rédaction de ses propositions, le CSP a reçu plus d’une vingtaine de personnalités, scientifiques et experts, travaillant sur ces questions dans différents cadres professionnels, astrophysiciens, géophysiciens, climatologues, glaciologues, naturalistes, économistes, directeurs d’agences et membres de grands groupes.

Ces auditions ont onvert aux membres du CSP des pistes de réflexion pour améliorer les enseignements relatifs au changement climatique, à la biodiversité et au développement durable. Enrichis de ce travail préalable les membres du CSP ont abordé au mois de novembre 2019, la conception d’une note de propositions pour le renforcement des enseignements relatifs au change ment climatique, à la biodiversité et au développe-ment durable.

Cette note a été élaborée dans la perspective que tous les élèves, au terme de leur scolarité obligatoire, possèdent les connaissances indispensables et la maîtrise des notions fondamentales pour comprendre le réchauffement climatique, la destruction accélérée des écosystèmes naturels, l’impact des activités humaines sur ces changements et pour prendre la mesure des risques qui en découlent, afin d’agir et de s’engager en conséquence.

Liste des personnalités auditionnées par le CSP (septembre–octobre 2019) :

Christophe AUBEL directeur général de l’Agence française pour la biodiversité. Catherine. BIAGGI inspectrice générale, groupe histoire et géographie. Laurent BOPP, CNRS laboratoire Sciences du Climat et de l’Environnementment. Jean CAVAILLÈS inspecteur général groupe Physique-chimie Maryline COQUIDÉ p. université, sciences de l’éducation (didactique des sciences.) Vincent COURTILLOT géophysicien (géomagnétisme, paléomagnétisme.) Bruno DAVID, MNHN naturaliste (paléontologie, évolution, biodiversité.). Jean-Louis DUFRESNE laboratoire de Météorologie Dynamique. Monique DUPUIS inspectrice générale, groupe vivant, santé et terre. François GERVAIS physicien, sciences des matériaux (Centre sciences). Gaël GIRAUD économiste, CNRS, Agence française de développement. Jean JOUZEL climatologue et glaciologue, CEA. Pierre LENA astrophysicien, co-fondateur du programme « La main à la pâte ». Manoelle LEPOUTRE « Engagement société civile » Fondation Total.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                       

 

 

 

 

 

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