La LECTURE excellente pour le CERVEAU

La lecture : excellente pour le cerveau

Pascale Santi du MONDE – Publié le 20 octobre 2025

Comment la lecture « enclenche une véritable symphonie » dans le cerveau ?

Les neuroscientifiques ont analysé les mécanismes en œuvre et sont unanimes sur les bienfaits de la lecture sur les capacités cognitives.

Ils encouragent cette activité dès le plus jeune âge alors que les Français lisent de moins en moins consacrant plus de temps aux écrans.

Trente et une minutes par jour. C’est, en 2025, le temps moyen passé par les Français à lire (ni pour le travail ni pour les études), sur format numérique ou papier. Soit trois heures quarante par semaine. A comparer aux trois heures vingt et une minutes chaque jour devant un écran (hors lecture numérique ou écoute de livres), soit vingt-trois heures vingt-sept minutes hebdomadaires !

Un écart considérable, le temps consacré à la lecture reculant tandis que celui sur écrans n’a cessé de progresser, notamment avec la généralisation des smartphones.

Tel est le constat du baromètre publié en avril 2025 par le Centre national du livre (CNL) suite à une enquête réalisée en janvier par Ipsos par téléphone, tous les deux ans, auprès d’un échantillon représentatif de 1 001 Français âgés de 15 ans et plus. « Comme pour toute enquête par sondage, ces données sont déclaratives. Nous supposons que le temps d’écran est en réalité plus important que déclaré, et celui de lecture plus faible », note le CNL.

Pour la première fois depuis la création de l’étude en 2015, moins de la moitié (45 %) des Français lisent quotidiennement. Les 50-64 ans, traditionnellement plus gros lecteurs, ne sont pas épargnés non plus.

Les 7-19 ans passent quant à eux dix fois plus de temps sur les écrans qu’à lire chaque jour (trois heures onze minutes, contre dix-neuf minutes de lecture…), selon une autre enquête du CNL, consacrée aux jeunes et publiée en 2024.

Fait inquiétant, ils sont 27 % à faire autre chose en même temps : envoyer des messages, aller sur les réseaux sociaux… Un phénomène qui touche plus de la moitié (53 %) des jeunes (15-24 ans), qui disent avoir du mal à se concentrer.

Un étude sur les Jeunes de 15 ans et plus, menée par le ministère de la culture depuis le début des années 1970, va dans le même sens. La part de ceux qui lisent au moins un livre par an en dehors de l’école et du travail est passée de 73 % en 1988 à 62 % en 2018. Le déclin de la lecture étant essentiellement masculin.

Dans la chronique du Monde (2025) « Les Français lisent beaucoup moins, on prédit la mort de la littérature, et tout le monde s’en fiche ! ».

Le phénomène est mondial. Aux Etats-Unis, la lecture quotidienne pour le plaisir s’est effondrée de plus de 40 % en vingt ans, passant de 28 % à 16 %, selon une étude publiée en 2023, conduite par l’université de Floride et l’University College de Londres (UCL), à partir des données de quelque 236 000 Américains. Soit une érosion de 3 % par an… surtout dans les milieux défavorisés.

Des signaux inquiétants

« Ce constat alarmant est un drame pour la société. La lecture est menacée par l’omniprésence des écrans, l’enfermement algorithmique et la fragmentation de l’attention créés par les réseaux sociaux, alerte Régine Hatchondo, présidente du CNL. Le risque est d’aboutir à des civilisations qui n’auraient plus la maîtrise de la nuance et de la subtilité de la langue que la lecture peut développer, voire qui auraient une difficulté à penser le monde, à faire preuve d’esprit critique. »

Un danger perceptible

En 2024, 13 % des jeunes participant à la Journée défense et citoyenneté présentaient des difficultés en lecture et 6 % pouvaient être considérés comme étant en situation d’illettrisme, selon une note publiée le 14 octobre par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’éducation nationale.

La France se situe en 28e position en compréhension de l’écrit dans le dernier classement PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), piloté par l’Organisation de coopération et de développement économiques, qui mesure la capacité des jeunes de 15 ans à utiliser leurs connaissances. Autant de signaux qui interpellent.

Les commentaires sont fermés